Les insectes, ces joyeux

ravageurs de nos  pelouses


Au Québec, nous faisons face à trois insectes ravageurs des pelouses, à savoir le ver blanc (scarabée japonais), la punaise velue des céréales et la pyrale des prés. Chaque insecte a sa période privilégiée : le ver blanc est actif au printemps, la punaise au milieu de l’été, en période de canicule, et la pyrale, à la fin de l’été.


Si vous mettez en pratique les méthodes culturales décrites dans la rubrique « La pelouse au naturel », il y a fort à parier que vous ne connaîtrez pas ces problèmes car, comme vous le constaterez ci-dessous, le contrôle et la prévention de ces insectes vous ramènent à une approche toute naturelle. Certes, une présence d’insectes demeure toujours possible, car ils ont leur raison d’être dans l’environnement, mais cette présence ne causera pas de dommages.


Ces insectes, tout comme l’humain, traversent différents stades de croissance qui vont généralement comme suit : larve, nymphe, adulte en comparaison à bébé, enfant, ado et adulte. Et, dans la majorité des cas, c’est au stade de l’adolescence que l’insecte fait ses ravages en se nourrissant des plantes pour croître. Cela vous rappelle peut-être un comportement bien typique de votre ado qui mange tout l’temps…


Dans les trois cas, vous remarquerez un problème lorsque votre pelouse affichera des plaques de gazon sec. La période de la saison vous donne déjà un indice sur l’identité de cette visite non souhaitée.


Ver blanc : il mesure approximativement 3 centimètres (1 po) et est de la taille d’une chenille, il se nourrit en mangeant la racine du gazon.
Donc, si vous constatez des plaques de gazon bruni, prenez le gazon entre vos doigts et soulevez : si la plaque se soulève sans offrir de résistance, c’est qu’il n’y a plus de racines, elles ont été mangées. Un autre indice : si vous remarquez que des ratons laveurs et des mouffettes viennent creuser des trous sur votre pelouse, c’est pour se nourrir de ces petites bestioles dont ils raffolent. Le côté positif, c’est qu’ils travaillent pour vous. Par contre, dans des cas d’infestation sévère, ils peuvent labourer une pelouse en très peu de temps.



Comment reconnaître une infestation 


Prenez une pelle à jardin et insérez-la dans le sol sur trois côtés, en formant un « U », puis soulevez la plaque de gazon, si vous remarquez plus d’une vingtaine de larves en forme de « C », vous devez passer à l’action. L’ennemi numéro un du ver blanc est les nématodes. On retrouve ces parasites dans un sol entretenu naturellement, mais si vous avez eu recours à des insecticides dans le passé, leur présence a pu être altérée. Vous pouvez maintenant acheter des nématodes dans tous les bons centres de jardinage sous forme d’une éponge que l’on doit détremper pour libérer les parasites. Assurez-vous de bien lire et de suivre correctement le mode d’emploi. Cela sera déterminant dans la réussite du traitement. L’obstacle le plus fréquent pour les nématodes est la température. Il fait rarement assez chaud au mois de mai et en juin pour garantir l’efficacité du produit. De là l’importance de mettre en pratique les méthodes culturales naturelles (on revient à la base).


Sachez aussi que les endroits où les vers blancs se sont nourris, le gazon est mort. Consultez la rubrique  « La pelouse au naturel »  pour les réparations. De plus, ces insectes, (les trois), se nourrissent seulement de gazon, donc si votre pelouse contient de la biodiversité (trèfles blancs, lierre terrestre, etc.), vous mettez plus de chances de votre côté.



Punaise velue : celle-ci mesure approximativement 1 millimètre de long, elle a trois couleurs, la tête est orangée su
ivie d’une barre blanche, et l’arrière est brun. L’adulte peut atteindre une taille de 4 millimètres, il est noir avec un « X » blanchâtre sur le dos. On peut les apercevoir à l’œil nu à la surface du sol en écartant les brins de gazon avec les doigts. Vous devez chercher sur le pourtour de la plaque de gazon mort puisque ces bestioles se nourrissent en suçant la sève de la racine du gazon. Donc, là où le gazon est mort, il n’y a plus ou peu d’insectes. Une autre méthode consiste à prendre un contenant de café en métal, à enlever les 2 extrémités et à l’insérer dans le sol jusqu’à la moitié. Mettez une goutte ou deux de savon à vaisselle sur la pelouse et remplissez d’eau. Attendez quelques minutes. Les punaises noyées vont flotter à la surface. Vous avez une infestation s’il y en a plus d’une vingtaine.


La meilleure méthode de contrôle de la punaise est le savon à vaisselle liquide. Faites un mélange de 10 à 15 millilitres de savon dans un litre d’eau (mettez le savon à la fin). Un savon de marque populaire est de consistance plus épaisse et est préférable à un produit générique qui est trop dilué. Une mise en garde toutefois : évitez les produits anti bactériens, on ne cherche pas à contrôler les bactéries, on en a besoin… vous vous souvenez des nématodes? Faites un traitement à tous les jours pendant 7 à 10 jours. Si la situation perdure, râpez une barre de savon et appliquez le savon râpé sur le pourtour de la plaque (à la jonction du gazon vert et brun), arrosez à l’aide du mélange d’eau et de savon.


Référez-vous au ver blanc pour les réparations.



Pyrale des prés : dans ce cas-ci, c’est l’adulte qui est le plus facile à repérer. Il se présente sous la forme d’un petit papillon blanc qui vole d’un brin de gazon à l’autre lorsque l’on marche. La larve ressemble beaucoup à celle du ver blanc, mais elle est de couleur gris-brun, elle mesu
re de 9 à 13 millimètres de long. Une bonne façon de contrôler les larves est de joindre l’utile à l’agréable si on peut dire…! Surveillez la météo, lorsqu’on annoncera de la pluie, sortez le savon à vaisselle et mettez quelques gouttes aux endroits problématiques. Laissez la nature se charger du reste. La méthode suggérée est de détremper la pelouse avec un mélange de 30 millilitres de savon dans 8 litres d’eau. Il est donc inutile de mettre trop de savon sur la pelouse, surtout lorsque l’on sait que le savon tue à peu près tous les insectes, bons et mauvais. On ne cherche pas à éliminer la biodiversité, mais bien à contrôler une situation. De plus, on économise de l’eau.


Comparativement à ses collègues de travail, la pyrale se nourrit de la racine et de la tige du gazon, donc au lieu de remarquer des plaques de gazon mort, vous remarquerez plutôt qu’il devient de plus en plus clairsemé, ce qui rend la tâche d’identification un peu plus ardue. C’est généralement les adultes, papillons, qui vendent la mèche. Pour déceler une infestation, utilisez la méthode de la boîte métallique (voir punaise velue) et si une dizaine de larves font surface, procédez au traitement.


Référez-vous au ver blanc pour les réparations.


Lectures suggérées :


Édith Smeesters, Pelouses et couvre-sols, Broquet, Ottawa, 2000, 207 pages.

Édith Smessters, Anthony Daniel, Amina Djotni, Solutions écologiques en horticulture, Broquet, Ottawa, 2005, 197 pages.

Bientôt disponible :

Smeesters Edith. Pelouses écologiques et autres couvre-sols. Editions Broquet, 2008, 187 pages


Site Internet :

www.lesinsectesduquebec.com


...............................................................


Marie-Josée Perron

Consultante en environnement

Conférencière


Pour en savoir davantage, nous vous invitons

à communiquer avec Envir-Eau-Sol.




............................................................................................................

© Copyright 2008

Le contenu de ce site est la propriété exclusive d’Envir-Eau-Sol. Toute reproduction ou copie, en partie ou en totalité, doit préalablement avoir reçu l’approbation écrite de Marie-Josée Perron d’Envir-Eau-Sol.



 

PELOUSES

C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas!…


- Victor Hugo

 

F.A.Q.

...............................................

...............................................

...............................................

...............................................

...............................................

...............................................

...............................................

...............................................

ENVIRONNEMENT

...............................................

  1. Plantes

  1. Solaire

  1. Foyers