Herbe à poux ou herbe à la puce
Il y a encore, de nos jours, beaucoup de gens qui ne font pas la distinction entre ces deux (2) plantes réputées mauvaises herbes. Une mauvaise herbe est une plante qui porte atteinte à la santé, comme c’est le cas de l’herbe à poux dont les effets se manifestent sous la forme d’allergies (éternuements, congestion, les yeux qui coulent, etc.). Ces symptômes se font sentir à compter de la fin du mois de juillet et peuvent s’étendre jusqu’à la fin du mois de septembre, dépendamment des saisons. Dans le cas de l’herbe à la puce, elle peut être allergène toute l’année durant selon la sensibilité des personnes atteintes. Ses symptômes sont simples mais très désagréables : un peu comme la « picotte », de petits boutons rouges causant des démangeaisons qui peuvent durer de 2 à 3 semaines.
L’herbe à poux est beaucoup plus problématique. Selon l’Agence de santé publique :
Le nombre de Québécois souffrant d’allergies respiratoires saisonnières augmente depuis 1988.
L’agent allergène de l’herbe à poux, son pollen, est d’une efficacité redoutable. Il provoque, de la fin de juillet à la fin de septembre, la rhinite allergique (une allergie respiratoire) chez près d’un Québécois sur dix dans les régions les plus infestées. D’autres pollens, en d’autres périodes, provoquent aussi la rhinite allergique.
À cause de la très petite taille des grains de pollen et de leurs caractéristiques chimiques, il suffit d’un nombre infime de grains par mètre cube d’air pour déclencher une réaction allergique.
Le pollen se propage dans l’air sous la forme d’une fine poussière microscopique durant la période de pollinisation (libération de pollen). Les personnes allergiques développent des symptômes en respirant les grains de pollen transportés par le vent.
Puisque l’agent allergène est son pollen dans l’air, on peut la toucher sans aucun danger, de là l’importance de l’arracher avant la période critique. On retrouve l’herbe à poux dans les sols pauvres, peu ou pas entretenus (terre-pleins, en bordure des routes, etc.) et les sols qui ont été labourés, travaillés comme dans les nouveaux développements domiciliaires, par exemple. Cette plante n’est pas vivace de sorte que le plant que vous arrachez ne repoussera plus. Par contre, pour tous les plants qui ont atteint la maturité et ont relâché leur pollen (de 3000 à 60 000 graines par plant), chaque graine sera transportée par les vents sur plusieurs kilomètres et peut rester en dormance dans le sol jusqu’à 40 ans. Voilà pourquoi il faut absolument les arracher et non les couper, car j’ai déjà constaté dans des terre-pleins que la plante, même si elle était coupée à toutes les semaines, atteignait la maturité (formation de graines) même lorsqu’elle n’avait que deux (2) pouces de hauteur (5 cm). J’appelle ce phénomène l’effet « bonsaï » (un arbre mature miniature).
Comme on peut le constater, l’herbe à poux est une plante indigène peu exigeante, elle s’établit dans des endroits ensoleillés dont le sol est pauvre et où il y a peu de végétation. L’herbe à poux n’est pas compétitive, voilà une de ses faiblesses. Cela explique la raison pour laquelle on la retrouve rarement sur une pelouse domestique. C’est aussi ce qui fait en sorte que dans les programmes de gestion écologique de la végétation, on se sert de la nature pour combattre la nature. En laissant les plantes sauvages pousser allègrement, celles-ci créent de l’ombre au sol, s’approprient l’espace et étouffent l’herbe à poux. Un autre avantage de la gestion écologique est la réduction des gaz à effet de serre (GES), car il y a moins de pollution causée par les machines qui ont moins de sites à entretenir.
On n’en serait peut-être pas rendus là si on n’avait pas mis la table au syndrome de la pelouse parfaite qui s’est étendu jusqu’à nos autoroutes! À cela s’ajoute l’utilisation massive d’herbicides pour contrôler une situation qui n’était pas là au départ. Et vlan! Aujourd’hui, on doit faire marche arrière pour remédier à une situation créée par l’homme de toutes pièces…
Source :
Agence de la santé et des services sociaux du Québec:
Pour ce qui est de l’herbe à la puce qui, elle aussi, est une plante indigène, vous devez être absolument en contact avec la substance toxique du plant, appelée l’urushiol, pour développer une réaction allergène. Je vous invite à visiter le site du Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs (MDDEP) qui en offre une excellente description au :
http://www.mddep.gouv.qc.ca/pesticides/permis/code-gestion/cpe-indesirable/herbe-puce.pdf
Liens utiles :
http://www.ville.saint-lazare.qc.ca/herbepuce
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Marie-Josée Perron
Consultante en environnement
Conférencière
Pour en savoir davantage, nous vous invitons
à communiquer avec Envir-Eau-Sol.
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C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas!…
- Victor Hugo
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